trait
gericault Parcours au Musée des
Beaux-Arts de Rouen
Un mouvement européen
Le romantisme en peinture
 


Le Romantisme en peinture

Il n’y a pas à proprement parler d’école romantique. Ce courant artistique occupe cependant une place très importante dans l’histoire de l’art.
Il apparaît, ou plus exactement prend réellement corps au début du XIXe siècle.
On regroupe sous le terme de romantique un certain nombre d’artistes ayant en commun une même approche de la création, privilégiant avant tout l’individu et sa sensibilité.
Nous en présenterons ici les caractéristiques essentielles, et, en rapport direct avec les œuvres proposées, nous limiterons le champ historique et géographique à l’apparition du romantisme en France, au début du XIX° siècle.
 
Le mouvement apparaît alors comme une rupture avec l’esthétique dominante, le Néoclassicisme, dont les théories sont enseignées à l’académie, Jacques Louis David s’imposant en véritable chef d’école. Prenant comme référence l’art antique, David et ses élèves cherchent à retrouver une certaine pureté, privilégiant la ligne et la construction rigoureuse de l’espace pictural. Le fond théorique du Néoclassicisme est basé sur la forme et le dessin. La couleur ne doit pas altérer la lisibilité de l’image, qui véhicule des valeurs esthétiques, mais aussi morales.
Les Romantiques réagissent de façon spectaculaire en s’opposant à cet art de plus en plus codifié.
Le principe même d’école n’est pas compatible avec le désir de rendre à l’oeuvre d’art son autonomie.
Ils revendiquent en effet “ l’art pour l’art “.
La création est avant tout une recherche plastique, libre, visant à parler à la sensibilité du spectateur par l’intermédiaire des procédés picturaux les plus variés.
Les peintres s’autorisent alors l’improvisation, la liberté et le hasard entrent dans le processus créateur.
Les deux grandes figures du Romantisme sont Géricault et Delacroix. Doués d’une grande force créatrice, leurs apports plastiques sont considérables, ils renouvellent à eux seuls  les moyens d’expression.
Ces deux artistes s’expriment avant tout par la couleur et la matière picturale, les contrastes chromatiques se font plus prononcés, et les coups de brosses plus vigoureux. La trace du geste de l’artiste est prise en compte dans le registre pictural.
 
Il serait pourtant réducteur de présenter le Romantisme uniquement comme une rupture dans l’histoire de l’art, phénomène unique et ponctuel.
Ce serait oublier ce que doivent ces artistes aux maîtres du passé, tels que Rubens ou Véronèse pour l’art des grandes compositions lyriques.
Plus proche chronologiquement, l’influence des paysagistes anglais, notamment Constable et Bonnington est essentielle. On trouve même des précurseurs du Romantisme chez les élèves de David, à la personnalité originale, ainsi Jean Antoine Gros, auteur des Pestiférés de Jaffa (Musée du Louvre ).